Sarkozy a-t-il fait campagne pour la « gauche » contre l’abstention au second tour des législatives françaises ?

 
Le premier tour des élections législatives françaises s’était soldé avant tout par une « victoire de l’abstention » (presque 40%) qui avait inquiété les « politologues ». Les abstentionnistes, « premier parti de France » ? Un retour à la « mauvaise image » tant décriée par les tribuns et plumitifs du système. Car l’abstention comporte un rejet du parlementarisme et oblige, de ce fait, à se poser des questions indésirables. Comment y remédier ? Le résultat du premier tour des législatives a conduit les « experts » à penser, principalement, à une abstention « à gauche ». Or, si les étiquettes politiques des élus sont sans importance réelle, le taux de participation est une donnée essentielle pour les champions des institutions en place. Il est donc plus important, pour les « élites », de faire voter à « gauche » que d’accroître la victoire électorale annoncée de la « droite ». Certaines mauvaises langues s’interrogent, à ce sujet, à propos de l’annonce par le ministre UMP Jean-Louis Borloo, le soir du premier des législatives, de la mise en place rapide d’une « TVA sociale » dont le caractère conflictuel n’était un secret pour personne. Quelques jours plus tard, Le Point annonce un sondage moins défavorable pour la « gauche ».

Les sondages sont ce que le patronat veut bien en faire, et servent souvent à conditionner l’opinion. C’est ce qui rend encore plus intéressant le sondage diffusé ce matin par Le Point, et qui semble indiquer que la « gauche » obtiendra davantage d’élus qu’il n’était annoncé il y a une semaine. Dans un commentaire intitulé : « Cadeau au PS », un lecteur écrit : « La droite aurait pu laminer le PS si certains de ses membres n'avaient pas sorti de leur chapeau cette TVA sociale ! Quelle grossière erreur qui va certainement faire passer certains ténors du PS qu'on disait battus ! La droite la plus bête du monde n'est pas tout à fait morte. ». Sans doute, beaucoup d’adhérents de l’UMP voient les choses de cette façon. Mais est-ce la réalité ? Autrement dit, l’intérêt du système serait-il de procurer un maximum de députés à l’UMP, au prix d’une abstention record aux législatives ? Pas forcément, car depuis plus de vingt-cinq ans les « alternances » de façade et l’apparence d’une opposition ont été des outils essentiels pour démobiliser des citoyens de plus en plus mécontents.

On peut lire, par exemple, que « Laurent Fabius a l'air de rien peut-être réussi un joli coup dimanche soir sur le plateau de France 2. En demandant au ministre de l'économie Jean-Louis Borloo s'il était en mesure de promettre une non augmentation de la TVA, le socialiste a donné un bel argument de campagne à la gauche. Borloo a botté en touche avec peu d'adresse, expliquant qu'en effet l'idée d'une TVA sociale n'était pas à exclure et que le candidat Nicolas Sarkozy ne s'en était jamais caché. » Cette TVA reviendra à faire financer par les salariés, à la place du patronat, une contribution importante au budget social de l’Etat. Ce n’est pas le genre de thématique sur laquelle on en dit trop au cours d’une campagne électorale. Mais, élu au premier tour et répondant au membre de la Commission Trilatérale qu’est Laurent Fabius, Jean-Louis Borloo a-t-il vraiment commis une erreur ? De toute façon, ce qui « se fera » après le 17 mai ne dépendra en rien du nombre des députés de l’UMP, ou « centristes », ou « socialistes », « communistes », « verts »... Alors que la crédibilité du nouveau Parlement se trouvait mise en cause par le 40% d’abstentions au premier tour des législatives. Et, à la veille d’un nouveau tour de vis dans la politique antisociale et « européenne », la présence et la caution de la « gauche » sont nécessaires afin de mater toute contestation conséquente.

Les politiques de la « droite » et ceux de la « gauche » se côtoient depuis longtemps sans tous les réseaux d’influence. Ils exécutent ensemble la « politique unique » au service des grands lobbies financiers et industriels. La continuité entre les lois des uns et des autres est presque parfaite. En 1994, suite à l’échec du Parti Socialiste aux élections européennes, la « droite » avait clairement affirmé que la « gauche » était indispensable au « bon fonctionnement du pays ». Sarkozy ne dit pas autre chose.

Le système capitaliste, dont la façade parlementaire est un pilier institutionnel, constitue un « intérêt supérieur » et passe bien avant les ambitions de tel ou tel parti politique, qu’il s’agisse de la « droite » ou de la « gauche ». Contrairement au vote « de gauche », une forte abstention comporte une mise en cause du système et peut, de ce fait, inquiéter. Surtout, à l’époque de la « transversalité » affichée au grand jour.

Et mieux vaut pour le système, bien évidemment, avoir cette « gauche » qui représente sans faille ses intérêts, que d’ouvrir la voie à des « radicalisations imprévisibles » qui pourraient s’avérer difficiles à contrôler. Sarkozy le sait très bien lorsqu’il parle d’un « statut de l’opposition », etc... L’apparence de consensus est importante pour faire passer un rouleau compresseur politique et social comme celui qu’on nous prépare.

 
De ço qui calt ?
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